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Pascale Labbé est une chanteuse, improvisatrice, compositrice et co-fondatrice du label Nûba avec Jean Morières. Elle est une des "voix libres" recensées par Bernard Aimé dans l'ouvrage Polyfree de Philippe Carles et Alexandre Pierrepont, dans la continuité de  Cathy BerberianAnnick Nozati, Sainkho Namtchylak ou Phil Minton.

Sa musique primitive contemporaine, nourrie de poésie sonore, de chants traditionnels inuits ou pygmées, d'expérimentations bruitistes et concrètes, est faite de cris et de chuchotements, de langage inventé, de silences et de stridences, de souffles et d’harmonies délicates. Elle exprime un désir insatiable de faire sens, de créer des nouveaux mondes, de transmettre un message né des domaines du sauvage, de l’ultrasensible, de l’intemporel, du médiumnique.

Elle a enregistré ou s'est produite entre autres avec Sophie Agnel, Jean-Jacques Birgé, Hélène Breschand, Keyvan Chemirani, François Cotinaud, Hughes Germain, Jérôme Lefebvre, Sylvain Lemêtre, Edward Perraud, Dominique Regef, Christophe Rocher, Paul Rogers, Christine Wodrascka... Elle a créé de multiples formations dont le chœur international d'improvisateurs In Tone Nation avec Tania Pividori, Han Buhrs, Maggie Nicols, Phil Minton, Sainkho Namchylak et Claudia Solal.

 

Son approche totale de la voix l'a menée a étendre ses collaborations à la danse, aux arts visuels, à la musicothérapie et à l'enseignement. Elle a été invitée notamment à diriger un stage avec les danseurs de Mathilde Monnier, à participer à une installation de l'artiste Nicolas Clauss, à se joindre aux recherches sonores en mer d'Hughes Germain. Elle est professeure de technique vocale et a été coordinatrice pédagogique au Jam... Elle continue aussi de se former auprès de grands maîtres de musiques traditionnelles à l'occasion de tournées en Inde et au Sénégal.

À la mort de son mari et partenaire de jeu Jean Morières, elle développe une pratique du son spirituelle et méditative, presque monastique, et crée avec Jérôme Lefevre et François Cotinaud l'Ensemble Luxus autour de l'Orphée de Rilke. Elle poursuit ses plus récentes recherches au sein de son lieu de vie imaginé et réalisé avec Jean Morières. Cet espace conçu pour la création reçoit aujourd'hui des jeunes artistes, architectes et designers lors de résidences de recherche. 

 
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L'ENSEMBLE LUXUS

« Seul qui avec les morts a mangé du pavot, du leur, n’égarera jamais le son le plus léger ». 

François Cotinaud, Pascale Labbé et Jérôme Lefebvre explorent Les sonnet à Orphée de Rainer Maria Rilke dans un trio aux modes sonores magiques où rôdent en permanence la mort et l’amour.

Invoquant la descente aux enfers, le déchirement de la perte, le miracle du renouveau, la guérison par la beauté de la nature, leur usage du son est bouleversant et exaltant, célébrant une des œuvres poétiques les plus profondes et saisissantes du XXe siècle.

 

DISCOGRAPHIE

 

  • Musiques imaginaires de la Méditerranée, avec La Grande Bleue.

  • Ping-Pong avec Jean Morières, Keyvan Chemirani ; label Nûba.

  • Wakan avec Jean Morières, Keyvan Chemirani, Pierre Diaz, Tony Pervenchon ; label Nûba.

  • Si Loin Si Proche avec Jean Morières, Jean Morières, Dominique Regef, Jean-Pierre Julian, Guillaume Orti, Bruno Meillier, Olivier Marotin, Lionel Garcin, Sophie Agnel ; label Nûba.

  • ICIS, les Instants Chavirés, toute la musique in Situ avec Guillaume Orti, Sophie Agnel, Noël Akchoté, Pierre Bernard, Gilles Coronado, Marc Ducret, Norbert Lucarain, Thierry Madiot, Paul Rogers, Gilbert Roggi.

  • La Mécanique de l'Aurore, de Jean Tricot, avec Hélène Ferrand, Bertille de Swarte, Isabelle Specht ; label L'Empreinte Digitale.

  • François Cotinaud fait son Raymond Queneau, avec l'ensemble Text'up ; label Musivi.

  • Les Lèvres Nues avec Paul Rogers, Christine Wodrascka, Olivier Benoît, Hughes Germain... voir liste ; label Nûba.

  • Rimbaud et son double avec François Cotinaud, Pierre Charpy, Mathilde Morières, Sylvain Lemêtre, François Choiselat, Jérôme Lefebvre, Olivier Guichard ; label Musivi.

  • Zûm ; label Nûba

  • Un Bon Snob Nu avec Pascale Labbé et Jean Morières ; label Signature (Radio-France)

  • Ensemble Luxus (Pascale Labbé, François Cotinaud, Jérôme Lefebvre) L'Orphée de Rilke ; label Musivi.

  • Arthur Rimbaud, poèmes chantés avec Léo Ferré, Yves Montand, Gérard Philipe... voir liste ; label Collection Poètes & Chansons

Se procurer les disques

Un Bon Snob Nu — Ici
Les Lèvres Nues — Extrait
Si Loin Si Proche — Extrait
Ping Pong — L'amour M'Habite
Wakan — Bolimar Marche Funèbre
Zûm — Extrait
 

VIDÉOS

Mathilde Morières, réalisatrice, a suivi le travail de sa mère Pascale Labbé au cours de ses différentes créations.

Ici trois captations d'un concert du trio Luxus, ainsi que la série d'essais filmiques sur Jean Morières.

 

PRESSE

ENTRETIEN AVEC PASCALE LABBÉ

Propos recueillis par Guido Michelone

Mars 202​0

— Pascale, pouvez-vous nous parler des disques si loin si proche, les lèvres nues et un bon snob nu ?

 

Les trois disques que tu évoques sont vraiment le reflet de la période où j’ai décidé de me consacrer uniquement à la musique improvisée libre. Si Loin Si Proche (1996/1997) marque le début de cette période. À cette époque, la priorité était de se rencontrer, d’improviser librement sans consignes, de faire circuler et connaitre cette musique, dans un acte généreux et souvent gratuit. Le titre Si Loin Si Proche évoque la communion des musiciens au moment de l’improvisation puis la tristesse de l’éloignement quand chacun repart de son côté.

 

Les titres des morceaux désignent les lieux où ces rencontres ont été enregistrées. Au « Salon de Musique » chez nous (mon mari Jean Morières et moi) à St Hilaire de Beauvoir. Nous y invitions des amis musiciens pour improviser librement devant un public local et fidèle, prêt pour l’aventure musicale – (plages 1 et 2). Dans le même temps, nous avons ouvert un espace au JAM, Jazz Action à Montpellier, pour les musiques improvisées libres. Nous l’avions appelé le MIL. Les élèves du JAM, venus apprendre un jazz plus « classique », venaient donc improviser trois heures par semaine au MIL. Nous invitions aussi des musiciens de la France entière pour des rencontres improvisées, toujours au JAM, soit pour « Le lundi de Nûba » soit durant les Jazz Clubs du jeudi, ce qui était un excellent moyen de faire connaitre ces musiques aux élèves et au public qui fréquentaient assidûment ces soirées – (plages 4 et 5). L’association Archipel – (plage 7) – militait aussi pour les musiques improvisées et organisait des concerts à Claret, un petit village près de Montpellier...

 

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ENSEMBLE LUXUS

Pascal Anquetil dans jazzmagazine.com

après le concert du 19 octobre 2016 au festival Jazzèbre

Les trois compagnons de l’Ensemble Luxus se sont rencontrés en 2001 au sein de Text’Up, formation créée par François Cotinaud pour en faire son laboratoire autour de la poésie sonore. Forts de cette complicité, d’un travail approfondi de l’improvisation musicale autour et avec un texte, et de la pratique de formes musicales contemporaines les plus diverses, c’est  aujourd’hui la poésie de Rainer Maria Rilke et son interprétation du mythe d’Orphée que François Cotinaud (sat, cl), Jérôme Lefebvre (g) et la chanteuse Pascale Labbé ont choisi de mettre en musique dans “l’Orphée de Rilke.”

 

Je ne vous résumerai pas ici les 55 sonnets de ce magnifique poème, énigmatique et fascinant “tombeau”, mot qu’il faut prendre ici dans son acception de genre musical en usage pendant la période baroque composé en hommage à un grand personnage ou un collègue musicien. C’est carrément impossible. Dans ce spectacle surprenant, contrasté et libre où rôdent en permanence la mort et l’amour, chacun des musiciens apporte son univers personnel, son mode sonore, son approche de textes dont la mise en musique varie de formes et de couleurs à chaque sonnet.

 

Coup de cœur particulier pour Pascale Labbé, tout à la fois chanteuse, conteuse, diseuse, qui impose de bout en bout du concert sa personnalité rayonnante. Grâce à une diction parfaite et une voix naturelle au timbre clair et frais, elle chante, scande, murmure, crie, suggère, délire, improvise, passe avec liberté de l’outrance à l’“émouvance” (comme on disait en vieux français). Comme personne, elle sait se transformer tout à coup en folledingue déjantée avec un irrésistible humour clownesque. Cette femme est vraiment formidable, lumineuse, vive, imprévisible, drôle, bouleversante et bouleversée comme dans son ”Hymne à l’amour”, une partition qu’elle a trouvée sur le piano de son mari Jean Morières le jour de son décès il y a déjà trois ans.

 

UN BON SNOB NU

Hugo Catherine pour Sefronia

"Un bon snob nu" n'est pas moins taré que son titre semble nous l'annoncer. Voix et flûtes zavrila s'assemblent dans un tressage de souffles et de cris et composent de petits portraits sonores non identifiables. De l'"art idiot", pour sûr, car Pascale Labbé et Jean Morières jouent les fous mieux que les fous, de l'art brut donc. Flûte mat puis aphone, vocalises présentes-absentes nous désarçonnent sans nous agresser car les courts morceaux présentés sont autant de douces ritournelles. Chantonnées du bout des lèvres, susurrées du bout du bec, les mélodies expriment une forme de décomposition sans heurts. L'esprit expérimentateur n'a de cesse de transparaître et demande une plongée prudente et patiente de notre part ; pourtant, nous entendons une voix parfois criante, jamais criarde, parfois gueulantes, jamais gueularde, une flûte toujours nuancée. "Languir", ce que nous serions tenter de faire à la première écoute ; ou plutôt "Blêmir", car, dans un cri, ici, tout est dit. La palette vocale de Pascale Labbé est tout bonnement hallucinante : nous passons de l'animal apeuré à la poupée gonflable sexuée, de la solennité douloureuse à la douceur enfantine. Son râle est expulsé avec une retenue surprenante ou une énergie déboussolante. "L'art du râle", tout autant art que râle, nous coupe notamment le sifflet, Phil Minton pouvant aller se rhabiller !

"Un bon snob nu" est un album inoffensif et terrifiant : de quoi endormir vos enfants et vous maintenir éveillé à jamais. Sa confidentialité naturelle est à confier aux uluberlus et aux curieux. Si la maîtrise du duo est toujours impeccable, nos deux compères font tout pour passer pour de grands malades. A mon humble avis, il est pourtant tout sauf temps de les interner...

L'IVRESSE DES SONS

Pascale Labbé pour Jazzosphère

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PASCALE LABBÉ À LA FOLIE

Jean-Jacques Birgé pour Jazz Magazine

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PASCALE LABBÉ 

Noël Tachet pour Impro Jazz

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LES LÈVRES NUES

Alix Meyer, Anne Colin-Déat et Jean-Luc Déat pour le Canard​

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